La gazette de Marconville (n°22)
15 mai 2012
Bon temps pour un maraîcher?
Depuis début avril, il pleut très régulièrement et même parfois beaucoup (110 ml en 5 jours), ce qui est une bénédiction pour les légumes de Loïc : les conditions climatiques actuelles garantissent une reprise quasi immédiate de tous les plants repiqués en plein champ : vous devriez donc avoir des paniers variés et bien garnis pour l’été et l’automne. Environ 60 000 plants de salades, choux fleurs, choux brocolis, choux ronds, poireaux, fenouils… ont été repiqués ces dernières semaines.
Salades repiquées (feuille de chêne verte et rouge) et fenouil, ci-dessus en gros plant.
Choux fleur repiqués à différentes dates
C’est aussi une bonne nouvelle pour les semis et repiquages à venir puisque la terre est gorgée d’eau, et pour les arbres du verger qui l’ont bien mérité après deux années de sécheresse. Enfin, ce temps humide et frais a bien profité aux salades que Loïc a décidé de repiquer sous serres en voyant la fraîcheur des températures et que vous avez eues dans les paniers ces dernières semaines.
Le maraîcher serait-il enfin satisfait? 2
Quelques bémols
Il s’agit d’une pluviométrie normale pour un mois d’avril (si si!) qui ne compensera pas la sécheresse des mois précédents, notamment pour les nappes phréatiques et les premiers repiquages (une plante repiquée doit avoir de l’eau tout de suite, sinon elle est chétive et sujette aux maladies). Les épinards sous serre ne se sont pas remis non plus de la sécheresse et de l’éclosion de pucerons avant que les coccinelles n’arrivent.
Second bémol, les orages de grêle ont fait des dégâts : celui de vendredi dernier a abimé les plants reçus le matin même et une partie des salades, blettes et épinards de plein champ. Quant à l’orage de grêle qui a investi Hollande président, il lui a aussi sacrifié 5000 salades que vous ne verrez pas dans les paniers (il va falloir attendre que les autres poussent pour en avoir à nouveau…).
Troisième bémol à court terme : les températures très fraîches et les petites gelées consécutives en mars avril ont fortement freiné la pousse des semis qui ont bien levé mais très peu poussé (carottes, oignons, poireaux, navets, échalions). Par exemple, les carottes semées le 20 février ont bien levé mais commencent seulement à pousser avec l’arrivée (brève!) de la douceur des températures. Idem pour les semis de radis qui ont bien levé mais dont la production s’était provisoirement interrompue. Les salades de plein champ se sont développées elles aussi au ralenti. Ceci dit en bio, la fraîcheur présente quand même un avantage : les mauvaises herbes ne poussent pas non plus!
A gauche, plants abîmés par l’orage de grêle. A droite, semis de carottes qui poussent enfin (la coccinelle donne
l’échelle…)
Bref, tout le monde attend avec impatience le retour du soleil et de la chaleur, y compris les éleveurs pour leurs pâtures et les céréaliers. Avec l’humidité accumulée, tout devrait très bien pousser dès qu’il fera un peu plus chaud !
Courgettes, tomates, concombres…quasiment un mois d’avance!
La ratatouille n’est pas encore dans votre assiette, mais elle devrait avoir un mois d’avance par rapport à l’année dernière. Loïc a en effet réussi à obtenir du plant un mois plus tôt cette année (souvenez-vous, le plant avait été livré avec beaucoup de retard). A l’heure actuelle, deux serres de courgettes (sur les trois prévues), une serre d’aubergines, poivrons et piments (sur les trois prévues), 4 serres de tomates (sur les dix prévues) et deux serres de concombres sont repiquées et vont décoller dès que le soleil et la chaleur arriveront. Bonne nouvelle, les premières tomates repiquées 3
sont déjà en fleurs et les premières courgettes font déjà 10 cm : vous devriez donc commencer à en manger dans un mois! L’implantation des trois nouvelles serres est terminée et deux d’entre elles sont déjà remplies de tomates. 3500 pieds de tomate viennent d’arriver et vont être repiqués dans les 15 jours.
A droite, serre de plants de tomates repiqués. A gauche, Nicolas, apprenti à la ferme depuis bientôt deux ans,
poursuit le repiquage des tomates.
Courgettes en fleur Serre d’aubergines
Les plants de courges semés par les amapiens sont prêts à être repiqués dès qu’il y aura un peu de chaleur (ce sont des plantes gélives qui craignent le gel). Loïc a aussi commandé des plants d’artichauts mais il tardent à arriver car le producteur de plant est confronté depuis des semaines à un manque de luminosité (il a mis 8 personnes en CDD au chômage en attendant le soleil…).
La planteuse et le nouveau semoir sont enfin arrivés!
Loïc n’a pas encore pu planter sur le film biodégradable parce que le sol est encore trop mouillé mais il a testé la machine sans film sur des terres sableuses et a planté 5000 salades en 2 jours, 4500 choux fleurs et brocolis et 20 000 poireaux. La machine a donné toute satisfaction : la qualité de plantation est irréprochable et le gain de temps important. La machine crée le trou dans la terre, y dépose la plante et referme aussitôt derrière, ce qui permet de coller immédiatement les racines en profondeur. Il s’agit d’un gros investissement (15 000 €), mais Loïc espère le rentabiliser assez vite: le pourcentage de perte des plants par mauvaise reprise est extrêmement faible et le rendement supérieur grâce à la diminution de la main d’oeuvre (nécessaire notamment pour repasser derrière la machine et replanter si besoin les plants mal repiqués). Le repiquage est donc mieux fait, plus rapide et plus facile pour les planteurs à l’arrière. 4
Nouvelle planteuse à 5 rangs Premiers essais concluants avec des plants de poireaux
Loïc, comme tous les autres maraîchers et céréaliers, a attendu l’arrêt des pluies pour pouvoir reprendre les semis. Au programme, petits pois, haricots, roquette, concombre, courgette, salsifis, persil, betteraves, poireaux, oignons de Florence, oignons rouge, blettes et pour la première fois en plein champ, radis. Le nouveau semoir a enfin pu être testé entre deux averses.
Ce semoir pneumatique dépose les graines de façon précise et régulière, il va permettre d’obtenir des légumes mieux calibrés (ne vous attendez quand même pas aux top modèles technicolors des étales des marchés ou des hyper!). Il permet également de semer 6 rangs par bande au lieu de 3 rangs…tout ça pour la modique somme de 15 000 €. Enfin, il peut semer des graines plus grosses comme les salsifis que Loïc va tester cette année.
Derniers réglages avant les premiers essais
Récolte : épinards, blettes, radis
Les épinards de plein champ sont très beaux (malgré la grêle) et vont compenser ceux qui n’ont pas résisté à la sécheresse sous serre. Les blettes sous serre ont profité du moindre rayon de soleil et sont en production. Les radis arrivent (enfin!) à nouveau dans les paniers. Il va falloir attendre un peu pour les prochaines salades qui elles aussi ont besoin de chaleur pour pousser. Les dernières qui étaient sous serre ont toutes été récoltées.
Epinards de plein champ Serre de radis à récolter 5
Fraises, rhubarbe, cassis, groseilles…
Les premières fraises commencent à rougir et attendent d’être désherbées (!), vous devriez en avoir dans quelques semaines), les cassis et les groseilles sont formés.
Pour la rhubarbe, la plupart des pieds ont été déplacés pour pouvoir réparer les serres et en implanter de nouvelles. Loïc a donc décidé d’acheter régulièrement de la rhubarbe à François Mellon, producteur bio situé en Picardie à quelques kilomètres de chez nous, qui vient de perdre une grosse partie de son débouché (une cidrerie qui a fermé). Cela permettra de compléter les paniers à une période charnière où comme chaque année il y a moins de légumes : c’est bientôt la fin des légumes de garde (carottes, betteraves, radis noirs…) et des légumes d’hiver (poireaux) alors que les nouveaux légumes viennent d’être repiqués ou semés sous serre ou en plein champ. Reste les blettes, les salades, les épinards, les radis…
Des patates nouvelles pour la mi-juin
Plantation de Bintge
Les premières pommes de terre plantées début avril sont en fleur (1.5 ha de Ditta, variété semi-ferme et un demi hectare d’Amandines) : vous devriez donc avoir des patates nouvelles à la mi-juin. Loïc poursuit cette semaine la plantation d’un hectare et demi de Bintge (ou Binge), pomme de terre célèbre en Belgique pour les frites et d’un demi hectare de Nicola.
Des poules plus à l’aise et (trop?) dodues
Les poules se portent très bien, peut-être même un peu trop car plus une poule mange, moins elle pond! Et elles sont bien portantes à n’en pas douter…Le poulailler a été agrandi il y a déjà plusieurs mois et va l’être encore pour être totalement conforme au label bio qui exige pour le parcours 4 m2 par poules et un pondoir pour 5 poules. Nous avons décidé de demander la certification du poulailler, les conditions étant déjà en grande partie remplies. Nous venons d’installer un filet sur une partie du poulailler car certaines se faisaient régulièrement la belle! Peut-être pour rejoindre le coq que nous venons d’acheter et que nous avons soigneusement séparé de ses nombreuses admiratrices: il a toutefois cinq compagnes qui ont été choisies avec difficulté étant donné le nombre de candidates!
Poules se dorant au soleil. A quelques centaines de mètres de là, le coq et ses 5 nouvelles compagnes.
Prochaines visites à la ferme : 20 mai, 3 juin et MECHOUI le dimanche 24 juin !
Loïc et Delphine
La béchamel est une façon courante d’accommoder le chou fleur, mais il est moins habituel de le manger cru, à part dans ces buffets où il y a des “trempettes”, ces petites sauces où plonger des bâtonnets de légumes crus. Pourtant ce serait bien dommage de ne le manger que cuit : en effet, le chou-fleur cru contient en moyenne 60mg de vitamine C pour 100g… alors que l’orange, si réputée pour sa vitamine C, en contiendrait un peu moins : 53mg /100g en moyenne !

Ingrédients (pour 4/6 personnes ) :