La gazette de Marconville n°22

 

La gazette de Marconville (n°22) 

15 mai 2012

Bon temps pour un maraîcher?

Depuis début avril, il pleut très régulièrement et même parfois beaucoup (110 ml en 5 jours), ce qui est une bénédiction pour les légumes de Loïc : les conditions climatiques actuelles garantissent une reprise quasi immédiate de tous les plants repiqués en plein champ : vous devriez donc avoir des paniers variés et bien garnis pour l’été et l’automne. Environ 60 000 plants de salades, choux fleurs, choux brocolis, choux ronds, poireaux, fenouils… ont été repiqués ces dernières semaines.

Salades repiquées (feuille de chêne verte et rouge) et fenouil, ci-dessus en gros plant. 

Choux fleur repiqués à différentes dates 

C’est aussi une bonne nouvelle pour les semis et repiquages à venir puisque la terre est gorgée d’eau, et pour les arbres du verger qui l’ont bien mérité après deux années de sécheresse. Enfin, ce temps humide et frais a bien profité aux salades que Loïc a décidé de repiquer sous serres en voyant la fraîcheur des températures et que vous avez eues dans les paniers ces dernières semaines.

Le maraîcher serait-il enfin satisfait? 2

 

Quelques bémols

Il s’agit d’une pluviométrie normale pour un mois d’avril (si si!) qui ne compensera pas la sécheresse des mois précédents, notamment pour les nappes phréatiques et les premiers repiquages (une plante repiquée doit avoir de l’eau tout de suite, sinon elle est chétive et sujette aux maladies). Les épinards sous serre ne se sont pas remis non plus de la sécheresse et de l’éclosion de pucerons avant que les coccinelles n’arrivent.

Second bémol, les orages de grêle ont fait des dégâts : celui de vendredi dernier a abimé les plants reçus le matin même et une partie des salades, blettes et épinards de plein champ. Quant à l’orage de grêle qui a investi Hollande président, il lui a aussi sacrifié 5000 salades que vous ne verrez pas dans les paniers (il va falloir attendre que les autres poussent pour en avoir à nouveau…).

Troisième bémol à court terme : les températures très fraîches et les petites gelées consécutives en mars avril ont fortement freiné la pousse des semis qui ont bien levé mais très peu poussé (carottes, oignons, poireaux, navets, échalions). Par exemple, les carottes semées le 20 février ont bien levé mais commencent seulement à pousser avec l’arrivée (brève!) de la douceur des températures. Idem pour les semis de radis qui ont bien levé mais dont la production s’était provisoirement interrompue. Les salades de plein champ se sont développées elles aussi au ralenti. Ceci dit en bio, la fraîcheur présente quand même un avantage : les mauvaises herbes ne poussent pas non plus!

A gauche, plants abîmés par l’orage de grêle. A droite, semis de carottes qui poussent enfin (la coccinelle donne 

l’échelle…) 

Bref, tout le monde attend avec impatience le retour du soleil et de la chaleur, y compris les éleveurs pour leurs pâtures et les céréaliers. Avec l’humidité accumulée, tout devrait très bien pousser dès qu’il fera un peu plus chaud !

Courgettes, tomates, concombres…quasiment un mois d’avance!

La ratatouille n’est pas encore dans votre assiette, mais elle devrait avoir un mois d’avance par rapport à l’année dernière. Loïc a en effet réussi à obtenir du plant un mois plus tôt cette année (souvenez-vous, le plant avait été livré avec beaucoup de retard). A l’heure actuelle, deux serres de courgettes (sur les trois prévues), une serre d’aubergines, poivrons et piments (sur les trois prévues), 4 serres de tomates (sur les dix prévues) et deux serres de concombres sont repiquées et vont décoller dès que le soleil et la chaleur arriveront. Bonne nouvelle, les premières tomates repiquées 3

 

sont déjà en fleurs et les premières courgettes font déjà 10 cm : vous devriez donc commencer à en manger dans un mois! L’implantation des trois nouvelles serres est terminée et deux d’entre elles sont déjà remplies de tomates. 3500 pieds de tomate viennent d’arriver et vont être repiqués dans les 15 jours.

A droite, serre de plants de tomates repiqués. A gauche, Nicolas, apprenti à la ferme depuis bientôt deux ans, 

poursuit le repiquage des tomates. 

Courgettes en fleur Serre d’aubergines 

Les plants de courges semés par les amapiens sont prêts à être repiqués dès qu’il y aura un peu de chaleur (ce sont des plantes gélives qui craignent le gel). Loïc a aussi commandé des plants d’artichauts mais il tardent à arriver car le producteur de plant est confronté depuis des semaines à un manque de luminosité (il a mis 8 personnes en CDD au chômage en attendant le soleil…).

La planteuse et le nouveau semoir sont enfin arrivés!

Loïc n’a pas encore pu planter sur le film biodégradable parce que le sol est encore trop mouillé mais il a testé la machine sans film sur des terres sableuses et a planté 5000 salades en 2 jours, 4500 choux fleurs et brocolis et 20 000 poireaux. La machine a donné toute satisfaction : la qualité de plantation est irréprochable et le gain de temps important. La machine crée le trou dans la terre, y dépose la plante et referme aussitôt derrière, ce qui permet de coller immédiatement les racines en profondeur. Il s’agit d’un gros investissement (15 000 €), mais Loïc espère le rentabiliser assez vite: le pourcentage de perte des plants par mauvaise reprise est extrêmement faible et le rendement supérieur grâce à la diminution de la main d’oeuvre (nécessaire notamment pour repasser derrière la machine et replanter si besoin les plants mal repiqués). Le repiquage est donc mieux fait, plus rapide et plus facile pour les planteurs à l’arrière. 4

 

Nouvelle planteuse à 5 rangs Premiers essais concluants avec des plants de poireaux 

Loïc, comme tous les autres maraîchers et céréaliers, a attendu l’arrêt des pluies pour pouvoir reprendre les semis. Au programme, petits pois, haricots, roquette, concombre, courgette, salsifis, persil, betteraves, poireaux, oignons de Florence, oignons rouge, blettes et pour la première fois en plein champ, radis. Le nouveau semoir a enfin pu être testé entre deux averses.

Ce semoir pneumatique dépose les graines de façon précise et régulière, il va permettre d’obtenir des légumes mieux calibrés (ne vous attendez quand même pas aux top modèles technicolors des étales des marchés ou des hyper!). Il permet également de semer 6 rangs par bande au lieu de 3 rangs…tout ça pour la modique somme de 15 000 €. Enfin, il peut semer des graines plus grosses comme les salsifis que Loïc va tester cette année.

Derniers réglages avant les premiers essais 

Récolte : épinards, blettes, radis

Les épinards de plein champ sont très beaux (malgré la grêle) et vont compenser ceux qui n’ont pas résisté à la sécheresse sous serre. Les blettes sous serre ont profité du moindre rayon de soleil et sont en production. Les radis arrivent (enfin!) à nouveau dans les paniers. Il va falloir attendre un peu pour les prochaines salades qui elles aussi ont besoin de chaleur pour pousser. Les dernières qui étaient sous serre ont toutes été récoltées.

Epinards de plein champ Serre de radis à récolter 5

 

Fraises, rhubarbe, cassis, groseilles…

Les premières fraises commencent à rougir et attendent d’être désherbées (!), vous devriez en avoir dans quelques semaines), les cassis et les groseilles sont formés.

Pour la rhubarbe, la plupart des pieds ont été déplacés pour pouvoir réparer les serres et en implanter de nouvelles. Loïc a donc décidé d’acheter régulièrement de la rhubarbe à François Mellon, producteur bio situé en Picardie à quelques kilomètres de chez nous, qui vient de perdre une grosse partie de son débouché (une cidrerie qui a fermé). Cela permettra de compléter les paniers à une période charnière où comme chaque année il y a moins de légumes : c’est bientôt la fin des légumes de garde (carottes, betteraves, radis noirs…) et des légumes d’hiver (poireaux) alors que les nouveaux légumes viennent d’être repiqués ou semés sous serre ou en plein champ. Reste les blettes, les salades, les épinards, les radis…

Des patates nouvelles pour la mi-juin

Plantation de Bintge 

Les premières pommes de terre plantées début avril sont en fleur (1.5 ha de Ditta, variété semi-ferme et un demi hectare d’Amandines) : vous devriez donc avoir des patates nouvelles à la mi-juin. Loïc poursuit cette semaine la plantation d’un hectare et demi de Bintge (ou Binge), pomme de terre célèbre en Belgique pour les frites et d’un demi hectare de Nicola.

Des poules plus à l’aise et (trop?) dodues

Les poules se portent très bien, peut-être même un peu trop car plus une poule mange, moins elle pond! Et elles sont bien portantes à n’en pas douter…Le poulailler a été agrandi il y a déjà plusieurs mois et va l’être encore pour être totalement conforme au label bio qui exige pour le parcours 4 m2 par poules et un pondoir pour 5 poules. Nous avons décidé de demander la certification du poulailler, les conditions étant déjà en grande partie remplies. Nous venons d’installer un filet sur une partie du poulailler car certaines se faisaient régulièrement la belle! Peut-être pour rejoindre le coq que nous venons d’acheter et que nous avons soigneusement séparé de ses nombreuses admiratrices: il a toutefois cinq compagnes qui ont été choisies avec difficulté étant donné le nombre de candidates!

Poules se dorant au soleil. A quelques centaines de mètres de là, le coq et ses 5 nouvelles compagnes. 

Prochaines visites à la ferme : 20 mai, 3 juin et MECHOUI le dimanche 24 juin ! 

Loïc et Delphine 

Contrat nouvelle saison

Souscription pour la saison printemps /automne 2012

Les distributions ont lieu les mardis soirs de 17 h 30 à 19 h 30.

A l’Epicerie de la cour, 6, cour des Petites Ecuries 75010 Paris

Les primeurs sont produits par Loïc Boulanger, producteur de fruits et légumes certifiés AB,

Ferme de Marconville, 60650 Villers-Saint-Barthélémy.

Nom et prénom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Adresse : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Téléphone : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Courriel : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Principe de l’Amap :

• S’engager dans l’Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) est un acte

militant, qui soutient l’agriculture de proximité et une alimentation de qualité, en relation directe

et sans intermédiaire avec le producteur.

• L’Amap n’est pas une structure commerciale et est, bien entendu, à but non-lucratif. Ainsi les

paniers n’ont pas un prix établi mais un coût, estimé par rapport aux frais de l’exploitation et

partagé entre les amapiens. Par le règlement que nous faisons au moment de l’inscription, nous

souscrivons donc à une partie de la récolte.

Ma participation consiste :

• à m’occuper de la distribution à raison de 2 fois minimum pour la saison.

• à aller visiter l’exploitation et aider en cas de besoin, dans la mesure de mes possibilités.

• à assister aux réunions et contribuer à la vie du groupe.

• à respecter le lieu de distribution et sa propreté. Nous sommes accueillis gracieusement.

En retour, l’agriculteur doit pouvoir rendre compte de ses choix et répondre à toute question

des amapiens.

Référent distribution : Charlotte Poyé 06 11 34 61 33 – charlottepoye@gmail.com

Référent producteur : Laurent Desalmand 06 83 23 74 44 – desal@me.com

Référent Trésorerie/Inscriptions : Anne-Marie 06 62 82 97 78 – a-m.fabien@voila.fr

SITE FORUM AMAP : www.courdespetitesecuries.com/

BLOG : http://amapdespetitesecuries.wordpress.com

Contrat d’engagement

• Je soussigné(e) m’engage à respecter les règles énoncées ci-dessus.

• Je m’inscris pour : 1 panier entier (16€) ou un demi panier (8 €) Rayer la mention inutile.

• Je réserve mes dates de distributions. Indiquer les dates d’après le planning général des

distributions.

En cas d’indisponibilité, je m’engage à trouver un remplaçant et à communiquer les changements

de dates sur le planning.

• J’établis six chèques de 64 € pour un panier entier ou six chèques de 32 € pour un demipanier

à l’ordre de Loïc Boulanger (ces chèques seront débités au début de chaque mois).

Fait en deux exemplaire à Paris, le :………………

Signature de l’amapien :

Signature du responsable de l’inscription :

La gazette de Marconville n°20

La gazette de Marconville (n°20)

7 février 2012

De charybde en scylla…

Les mauvaises nouvelles s’accumulent à Marconville : après la baisse inquiétante du nombre de paniers début janvier, voici que les éléments naturels s’y mettent à leur tour (c’est de saison, me direz-vous). Le 5 janvier, un gros coup de vent a emporté avec lui quelques arbres, une partie de la grange qui jouxte la ferme et endommagé sérieusement les bâches et les portes d’une dizaine de serres à Marconville et à Berneuil. L’expert dépêché par les assurances parle de plus de 40 000 € de réparation pour les serres, et de 20 000 € pour la grange (ouf, Loïc est bien assuré).

Pour l’instant, la neige tombée sous les serres protège la mâche… Certains arceaux ont été touchés aussi 

Mais n’accusons pas toujours la nature : le 23 janvier au soir, l’Iveco, que certains appellent la Rolls de Loïc, son camion frigo qui garantit un trajet tout confort aux légumes à l’abri de la chaleur en été et du froid en hiver, lveco qui venait d’être refait à neuf et de passer haut la main le contrôle technique la veille, a disparu avec les malfaiteurs. A cette heure, il coule certainement de beaux jours à quelques milliers de kilomètres d’ici accompagné des quelques 30 autres véhicules subtilisés en 3 jours dans les environs. Evidemment, ce camion est particulièrement utile quand il fait très froid: il évite que les légumes gèlent la nuit avant d’être livrés ou tout simplement le temps du transport comme il y a 2 ans.

Et c’est à ce moment précis qu’arrive sur Marconville…le grand froid (-18°C à Berneuil, -19°C à Marconville) et ses dégâts collatéraux : canalisations gelées (nous n’avons plus d’eau), chaudière hors service à la ferme. Loïc qui jusque là ne s’inquiétait pas trop pour les légumes sous serres malgré les ouvertures créées par le gros coup de vent est devenu moins optimiste…Les réparations ont déjà commencé et vont se poursuivre la semaine prochaine. 2

Reprenons :

Sous les serres

Tous les légumes ont été recouverts d’un voile très léger (P17 ou P19) qui permet une protection supplémentaire contre le froid. La mâche, les épinards, les blettes et les merveilles des glaces ne devraient pas trop souffrir, puisqu’il s’agit de variétés d’hiver qui résistent au gel. Quand aux salades (laitue et batavia) que Loïc a plantées en misant sur un hiver doux, il faut espérer pour elles… et pour vous que le froid ne va pas durer trop longtemps : 5000 salades sont en jeu. Pour l’instant, on ne peut pas toucher les légumes sous serre car ils s’abimeraient au moindre contact, il faut attendre que la température remonte sous les serres.

Mâche et salades recouvertes d’un voile protecteur 

Dans les champs : après les trombes d’eau, le gel sibérien

Le mois de décembre a été extrêmement pluvieux : 320 millimètres d’eau sont tombés, soit, en un mois, la moitié de la pluviométrie normale d’une année entière ! Résultat: impossible de rentrer dans les terres pour récolter les épinards et les blettes que vous deviez avoir dans les paniers en décembre et en janvier. Impossible également de terminer comme prévu la récolte des légumes de garde encore en terre. Le gel et les températures exceptionnellement basses ont ensuite bloqué le sol d’autant plus facilement qu’il était gorgé d’eau…

Heureusement, vendredi dernier, tous les choux (rouge, vert, frisé) restant à Marconville ont été récoltés et protégés d’une montagne de paille sous la serre à fraisiers. Il reste encore un peu de choux à Berneuil qui seront si possible récoltés la semaine prochaine.

Reste donc en terre :

- les épinards et les blettes de plein champ pour l’instant impossible à toucher parce que trop fragiles à cause du gel,

- un certain nombre de légumes qui craignent le gel et qui seront certainement perdus : un hectare de pommes de terre, un hectare de navets, 30 ares de radis noirs, un hectare de carottes et 40 ares de panais, 3

- des légumes qui résistent bien au gel mais pour lesquels il faudra également attendre le dégel : un demi hectare de topinambours, 40 ares de choux de Bruxelles,

- et enfin notre troupe d’élite, les poireaux (3 hectares) et les navets blancs durs d’hiver entraînés pour résister à des températures inférieures à -10°C pendant plusieurs jours.

Choux protégés sous serre par de la paille Troupe d’élite : même pas froid 

De quoi tenir

Loïc ne regrette pas l’achat de ses semis frigo qui maintiennent actuellement hors gel tous les légumes de garde récoltés : carottes, choux, pommes de terre, radis noirs, navets, céleri, betteraves, échalotes…il y a de quoi tenir plusieurs mois. Il y a aussi des pains de sucre en chambre froide à Berneuil. Et bien sûr, la récolte des légumes sous serre (mâche, épinards, blettes) reprendra dès que les températures remonteront.

Semis frigo 

Mais nous avons perdu 6 tonnes de navets qui se sont très mal conservés : la sécheresse suivi de trombes d’eau à la fin de l’automne entraine cette année chez tous les maraîcher des problèmes de conservation. Peut-être l’avez-vous remarqué notamment pour les oignons, les échalotes, les potirons et les pommes qui se conservent mal cette année. Quant au navet, il fait partie des légumes qui ne se conservent pas bien en temps normal, c’est donc pire cette année.

SIVAL à Angers, le salon des productions végétales

Loïc, depuis 7 ans, ne trouve pas le temps d’aller au SIVAL, le salon professionnel des maraîchers, viticulteurs, arboriculteurs, horticulteurs et autres producteurs (cidre, champignon, tabac). On y trouve notamment des semenciers, des fournisseurs de plants, des pépiniéristes et pas mal de machines en tout genre. Cette année, c’est décidé : poussette, bébé, lit parapluie, nous voilà partis à Angers. Loïc a repéré des machines qui l’intéressait et surtout discuté avec des producteurs de plants et de 4

semences biologiques avec lesquels il n’avait jusqu’ici aucun contact. Ceux-ci étaient étonnés que Loïc, avec son volume de production, se fournisse encore chez Lecouf, un producteur d’anciennes variétés de semences nues ; étonnés surtout qu’il obtienne une productivité satisfaisante, avec peu de problèmes de maladies. Tout leur travail consiste justement à produire des semences et des plants hybrides en croisant des plantes sélectionnées pour leur résistance aux maladies, leur productivité et leur goût.

Loïc a également repéré des machines qui permettent de planter et de semer sur plastique. Le gros problème du bio est le désherbage, travail très pénible, répétitif et très coûteux (coût journalier de 1500€ pour le travail d’une dizaine de personnes), qui peut alors être remplacé par un travail moins pénible et tout aussi important (par exemple la taille et l’accrochage des tomates). Cela permettrait de faciliter notamment la culture des choux, des haricots, des petits pois…régulièrement envahis par les mauvaises herbes au moment où il y a énormément de travail ailleurs (tomates). Les prix annoncés du plastique biodégradable sont trois fois plus chers en bio : composé de fécule de pomme de terre et de maïs, il a une durée de vie de 6 mois maximum. Loïc essaie actuellement d’obtenir des prix un peu moins prohibitifs, car il a l’intention de tout pailler de cette façon sur butte. Cela présente aussi l’avantage de limiter l’évaporation de l’eau.

Réunion interamap ou comment repartir avec la patate

Vendredi 29 janvier, les Patates Douz’ (amap du 12ème) ont organisé une réunion des amaps de Loïc pour discuter ensemble et trouver des solutions à court et moyen terme suite à la baisse imprévue et conséquente du nombre de paniers (-100 paniers en janvier), qui remet en cause l’équilibre financier de l’exploitation. Quelle ne fut pas notre surprise en arrivant de voir réunis autour de la table pas loin d’une trentaine de personnes! Les 9 amaps de Loïc, toutes sans exception, étaient représentées! Patates Douz’, Nanterre, Amap 94, Saint Blaise (20ème), Marais, Rouge Tomate (3ème), Coeurs d’Artichauts (Noisy), Petites Ecuries (10ème), Pré Saint Gervais. Votre soutien nous a regonflés à bloc!

Le compte rendu de ces échanges est actuellement préparé par les amaps. A la question de savoir si l’augmentation du prix du panier pouvait être une solution, Loïc a expliqué qu’il souhaitait que ses paniers restent accessibles au maximum de personnes et que si l’on parvenait à retrouver un nombre suffisant d’adhérents, le prix de 15 € était économiquement viable.

On compte sur vous!

Les problèmes de trésorerie ne vont pas s’arranger avec les dégâts causés par la tempête. Même si la période n’est pas idéale, on compte sur vous pour essayer de trouver de nouveaux adhérents si votre amap n’est pas au complet. L’équilibre financier de l’exploitation est en jeu, puisque les salariés sont tous en CDI et que 100 paniers de moins, c’est le salaire d’une personne qui n’est pas assuré.

Voilà pour les nouvelles

à très bientôt,

Delphine et Loïc 

La gazette de Marconville n°19

La gazette de Marconville (n°19)

10 décembre 2011

Un automne très sec et très doux…

Mise à part les pluies de ces derniers jours, 3 millimètres d’eau sont tombés depuis début octobre et pas une goutte d’eau en novembre, avec une douceur de températures encore jamais vue en Picardie à cette époque de l’année. Du fait de ces températures exceptionnelles, on vient de cueillir la semaine dernière les dernières aubergines et les derniers poivrons (!) et les salades poussent encore en plein champ (Loïc avait tenté d’en repiquer tardivement en misant sur un automne doux). L’année dernière à la même époque, souvenez-vous, nous étions sous la neige… Ce temps est béni pour Loïc car beaucoup de légumes étaient encore en terre en novembre et en décembre et la récolte n’est toujours pas terminée aujourd’hui, notamment celle des légumes qui craignent le plus le gel : pommes de terre, carottes, navets, radis noirs, radis de Gournay, et les derniers choux fleurs. Un hiver précoce aurait entraîné beaucoup de pertes !

… qui pourrait avoir des conséquences sur les cultures de printemps

Mais cette situation exceptionnelle n’a pas que des avantages : le niveau des nappes phréatiques n’est jamais descendu aussi bas, rivières et rus sont restés à sec pendant plusieurs mois, au point que Loïc s’inquiétait pour les cultures de printemps. Heureusement, il avait anticipé la sécheresse en faisant beaucoup de légumes. Cela a causé des problèmes de trésorerie à court terme puisqu’il n’y a pas eu les recettes liées à la vente des céréales comme les années précédentes. Mais cela permet aujourd’hui de ne pas craindre une pénurie de légumes. Au vu des sécheresses successives, Loïc envisage de plus en plus de faire un forage bien qu’il s’agisse d’un gros investissement pour un résultat incertain…Les fortes pluies de ces derniers jours sont une bonne nouvelle.

La récolte des légumes de garde

Ce qu’on appelle les « légumes de garde » sont les légumes racine (carottes, navets, betteraves, radis noirs, radis de Gournay, topinambours, pommes de terre, céleri rave…) qui sont récoltés avant

l’hiver et stockés en chambre froide pour alimenter les paniers jusqu’au mois d’avril mai, en complément des légumes frais qui poussent sous serre ou qui résistent au gel (épinards, blettes, mâche, salades d’hiver, choux, poireaux…). Depuis début octobre, la priorité est donc de récolter ces légumes de garde avant les premiers gels. Une grosse partie des légumes racine est déjà stockée hors gel dans les 3 semis frigo achetées par Loïc, dans de grosses caisses en bois.

Semis frigo qui permettent de stocker les légumes hors gel 2

Les navets semés tardivement (c’était aussi un pari) sont récoltés en ce moment et distribués dans les paniers sous forme de bottes (petits navets très tendres). Reste encore à récolter une partie des carottes, des navets, des radis noirs, des choux, les topinambours, les dernières betteraves rouges. Pour les poireaux, l’arrachage se fait au fur et à mesure, il devrait y en avoir dans les paniers jusqu’au mois d’avril, vu le nombre d’hectares plantés cette année. Normalement on devrait réussir à terminer l’arrachage des légumes encore en terre d’ici une dizaine de jours. Dès que la récolte est terminée dans une parcelle, Loïc épand du fumier puis laboure : ensuite, les terres vont hiberner pendant l’hiver et seront retravaillées au printemps pour les premiers semis.

Choux verts et blancs à récolter Labour après récolte 

Champ de carottes à récolter Navets 

Les pluies qui arrivent enfin sont une bonne nouvelle, mais comme chacun sait, le paysan n’est jamais content. 200 millimètres tombés en une semaine, on n’en demandait pas tant ! Résultat : impossible de mettre un pied (et encore moins un tracteur) dans les champs. La récolte des légumes est donc stoppée pour l’instant. 3

Mais on ne chôme pas pour autant. On en profite pour préparer les légumes de garde : avant de les mettre en chambre froide, il faut les effeuiller et retirer la terre pour qu’ils se conservent bien (au fait, dans votre frigo, c’est la même chose : pas de feuilles, pas de terre, sinon ils pourrissent vite en milieu confiné). Il faut également effeuiller les poireaux, c’est-à-dire retirer ce qui est abîmé. Ce travail prend énormément de temps : 2 jours et demi par semaine pour 4 personnes rien que pour les poireaux !!

Suzanne, Charlotte et Magdalena effeuillent les poireaux et les légumes de garde 

Petite pause … 

On vient de commencer la cueillette des épinards et des blettes de plein champ mais les pluies diluviennes ont pour l’instant arrêté la récolte. A Berneuil, on va cueillir avant les grosses gelées les pains de sucre repiqués en plein champ pour les mettre en chambre froide et alimenter les paniers en décembre et début janvier.

Epinards de plein champ Blettes de plein champ 4

Repiquage sous les serres

A Marconville, toutes les serres sont déjà replantées en mâche, épinards et blettes, dont les premières sont déjà presque bonnes à récolter. A Berneuil, il faut encore nettoyer les serres, c’est-à-dire arracher les plants de tomates, aubergines, etc…, et préparer la terre pour repiquer les plants de mâche et d’épinards qui viennent d’arriver.

Plants de mâche et d’épinards à repiquer 

Epinards repiqués Mâche repiquée 

Les semis en pleine terre de la « merveille des glaces » (salade d’hiver) ont été démariés et repiqués sous serre et à l’extérieur puis vont être recouverts d’un film tissé P17 pour les mettre hors gel.

Merveille des glaces repiquée en extérieur et sous serre 5

Obtention de l’agrément « Terroirs de Picardie-Bio »

La marque régionale « Terroirs de Picardie » vise à favoriser la production et l’utilisation de matières premières d’origine Picarde. Le comité de promotion est composé de représentants de la chambre régionale d’agriculture de Picardie, du Conseil régional de Picardie, de la Chambre Régionale des Métiers et de l’Artisanat, de l’ABP (Agriculture Biologique de Picardie) ainsi que de producteurs et de consommateurs. Loïc, qui cherche depuis longtemps à travailler localement avec d’autres producteurs pour un débouché local, a décidé de proposer ses légumes à l’agrément. La commission de dégustation, qui se réunit pour juger de la qualité organoleptique des produits et de leur présentation, a accordé en novembre l’agrément « Terroirs de Picardie – Bio » aux légumes de Loïc.

Des projets…qui cette fois devraient se réaliser !

Dans la continuité de l’obtention de cet agrément, Loïc va participer à la création d’un GIE (groupement d’intérêt économique) situé à Saint-Léger-en-Bray, à quelques kilomètres de Marconville. Ce groupement a pour objectif de développer l’agriculture vivrière de proximité, le tourisme vert et le développement économique local. Il est notamment prévu de créer un point de vente directe où viendront certainement se greffer d’autres producteurs locaux et d’alimenter les cantines scolaires des environs. Loïc va également participer au projet des « paniers fraîcheurs » mis en place par la SNCF et la chambre d’agriculture, sur la gare de Beauvais (on ne peut pas faire plus local!). Ces deux projets arrivent à maturité après un travail de longue haleine auprès des différents acteurs et la volonté de ne pas renoncer à de vieux projets qui lui tenait à coeur. Ces projets permettront d’équilibrer financièrement l’exploitation et sont une bonne nouvelle, car Loïc s’inquiétait de la baisse du nombre de paniers en amap et des projets, notamment avec Bio d’ici d’abord, qui semblaient inexorablement s’enliser.

Renouvellement du poulailler

Loïc vient de racheter 200 poules pondeuses qui vont rejoindre le harem existant un peu vieillissant. Elles sont nourries avec un mélange fermier de céréales bio (blé, orge, avoine, épeautre, maïs). Leur enclos actuel va être agrandi dès qu’on aura acheté le grillage adéquat.

Une pause bien méritée !

L’équipe sera en congé entre Noël et Nouvel an et les livraisons ne seront donc pas assurées. Loïc a grand besoin de souffler un peu…

Bonnes fêtes de fin d’année à tous !

Delphine et Loïc 

Planning des distributions MAI/OCTOBRE 2012

Mardi 15 mai:Charlotte Poyé/Vianney Delourme

Mardi 22 mai:Raphaël Bisson

Mardi 29 mai:Mélanie Laporte

Mardi 5 juin

Mardi 12 juin

Mardi 19 juin:Caroline Lacombe

Mardi 26 juin:Gaëlle Marin/Nicolas Lefevbre

Mardi 3 juillet

Mardi 10 juillet

Mardi 17 juillet

Mardi 24 juillet

Mardi 31 juillet

Mardi 7 août

Mardi 14 août

Mardi 21 août

Mardi 28 août

Mardi 4 septembre

Mardi 11 septembre

Mardi 18 septembre

Mardi 25 septembre

Mardi 2 octobre

Mardi 9 octobre

Mardi 16 octobre

Mardi 23 octobre

Mardi 30 octobre

Index des recettes par légume

CELERI

CHOU-FLEUR

CONCOMBRE

COURGETTES

BETTERAVES

FANES

POTIRON

TOPINAMBOURS

Salade de chou-fleur cru vitaminée

La béchamel est une façon courante d’accommoder le chou fleur, mais il est moins habituel de le manger cru, à part dans ces buffets où il y a des “trempettes”, ces petites sauces où plonger des bâtonnets de légumes crus. Pourtant ce serait bien dommage de ne le manger que cuit : en effet, le chou-fleur cru contient en moyenne 60mg de vitamine C pour 100g… alors que l’orange, si réputée pour sa vitamine C, en contiendrait un peu moins : 53mg /100g en moyenne !

Si vous êtes enrhumés, vous comprendrez donc qu’il est inutile de vous accrocher à votre brique de jus d’orange de Floride déshydraté puis réhydraté, qui aura parcouru des kilomètres en faisant de son mieux pour que ses vitamines ne s’oxydent pas toutes…! En mangeant crus des chou-fleurs coupés de la veille, et qui auront parcouru moins de 100km pour venir jusqu’à vous, vous devriez donc plutôt gagner au change. Pourquoi s’embêter à faire compliqué ?

Voilà donc la petite recette que j’improvise depuis quelques temps pour soigner mes apports en vitamines… et c’est aussi bon que simple !

Pour 3 personnes :

  • 1/2 petit chou-fleur
  • 1 petite carotte
  • raisins secs
  • persil
  • citron, huile de colza, sauce soja

Râper brossièrement chou fleur et carotte avec une râpe à gros trous. Faites une vinaigrette avec un demi jus de citron, de l’huile (d’olive si vous le préférez, mais le colza contient plus d’omégas 3), une petite cuillère de sauce soja, éventuellement un peu d’eau pour bien attendrir la salade. Mélangez bien avec les légumes râpés, le persil et les raisins secs, puis laissez reposer un peu au frais avant de manger.

NB : certains utilisent le chou-fleur ainsi râpé à la place de la semoule pour faire des taboulés, c’est plus long à faire, mais très sympa aussi !

Purée de céleri-rave

Dans ma famille, il y avait plein de gruyère dans la purée de céleri… Mais je suppose qu’il y a autant de recettes que de familles ? En tout cas, c’est un des moyens les plus faciles et les meilleurs de faire son sort au céleri ! Et si vous faites souvent des soupes, vous pouvez toujours en garder quelques feuilles pour les parfumer…

  • 1 gros céleri
  • 3 grosses pommes de terre
  • lait
  • sel, poivre

Épluchez le céleri rave coupez le en 4,lavez le
Épuchez 3 grosses pomme de terre
Mettre le tout dans une cocotte minute,recouvrir d’eau et compter 7mn à partir du moment où la soupape tourne
Égouttez les légumes et les écraser au presse purée
Conserver soit le bouillon, pour faire un mix lait-bouillon, soit chauffez du lait pour mixer avec les légumes.
Salez, poivrez… et à table !

(recette déposée par Charlotte)

Hoummous de courgettes crues (spécial grosses courgettes!)

J’ai été ravie cet été en découvrant cette recette très simple, car elle est idéale pour les grosses courgettes aqueuses dont nous ne savons pas toujours que faire ! L’intérêt étant qu’ici, la recette les fait mariner et perdre leur eau, histoire qu’elles reprennent de la texture… Autre intérêt : les recettes de courgettes crue sont peu courantes, peu de gens savent même que ça existe : voilà donc une occasion de faire original… et de profiter de quelques vitamines qui ne seront pas gâchées par la cuisson !

Les ingrédients

  • 1 courgette de bonne taille
  • 2 c. à soupe d’huile d’olive
  • 2 c. à soupe de jus de citron (environ 1/2 citron pressé)
  • 2 c. à soupe bombées ou 45 g de tahiné
  • 1 petite gousse d’ail pressée
  • (facultatif ) 1 c. à café rase de cumin moulu
  • (facultatif) 1/2 c. à café de poudre de curry
  • sel, poivre du moulin

La recette

  1. Laver puis peler la courgette à moitié : ôter une longueur de peau, conserver la suivante, ôter une nouvelle   longueur de peau etc.
  2. Couper la courgette finement (je l’ai coupé en deux dans la longueur puis détaillée en petites tranches).
  3. Placer la courgette dans un récipient et ajouter le jus de citron, l’huile d’olive et environ 1 c. à café de sel. Bien mélanger et laisser mariné, couvert d’une assiette, pendant 1 heure au moins, en remuant régulièrement : les liquides ajoutés vont attendrir la courgette, qui se moulinera ensuite plus facilement pour devenir crème, et le sel va lui permettre de perdre de l’eau de végétation, garantissant au houmous une saveur bien présente et non diluée dans l’eau.
  4. Lorsque les courgettes sont bien moelleuses et ont bien dégorgé (environ 1 heure, et elles auront perdu près de la 1/2 de leur volume initial), verser l’excédent de liquide dans un petit bol et réserver.
  5. Ajouter le reste des ingrédients aux courgettes et mixer finement (j’adore mon mixeur plongeant pour ce type de préparation, bien onctueuse).
  6. Vérifier l’assaisonnement, en rajoutant éventuellement un peu du liquide (eau de végétation, huile et citron) issu de la marinade et réservé.

N.B. :

  • Ce houmous (comme tous ceux que j’ai faits jusqu’ici, nature ou un peu plus complexe) gagne à être placé au frais une fois mixé et à reposer. Ses saveurs deviennent alors plus fines, mieux mêlées, c’est vraiment sensible.
  • La peau de la courgette peut être un peu amère. Si l’on craint l’amertume, on veillera donc à la peler intégralement puis à la rincer avant de la couper.

(Recette déposée par Servane, mais issue du très bon blog Makanaï Bio !)

Soupe potiron-chataîgnes

 Ingrédients (pour 4/6 personnes ) :

  • - 1 kg de potiron
  • - 2 carottes
  • - 1 oignon
  • - 100 g de chataîgnes
  • - sel, poivre
  • - coriandre

Préparation :

Mettre tous les ingrédients dans une cocotte sauf les châtaignes sous pression  environ 7 mn avec de l’eau ; couvrir les ingrédients, saler poivrer.

Faire cuire à part les châtaignes à l’eau, les égoutter et les peler.

Mixer ensuite le tout. La soupe est prête, on peut rajouter de la crème fraîche dans  son assiette, c’est délicieux.

NB  : si on n’a pas de chataîgnes sous la main, on peut mettre quelques cuillères à soupe de farine de chataîgne à la place, que l’on fera épaissir dans la soupe et et qui lui donnera cette même douceur. L’intérêt, c’est que la farine reste plus facilement à disposition dans les placards, et qu’elle est plus rapide à cuisiner : zéro épluchage !

(recette déposée par Charlotte)