Gazette de Marconville n°12 : repiquage, sangliers…


La gazette de Marconville (n°12)

4 octobre 2010

 

Méchoui du 29 août

80 amapiens sont venus dimanche 29 août au 2ème méchoui de l’été, malgré un temps un peu mitigé. Visite de l’exploitation, cueillette de fraises et de mûres, marcottage des mûriers et, pour les plus motivés, un grand classique, le ramassage de patates…L’agneau, une fois n’est pas coutume, était à point pour l’heure du repas et non pour le goûter (!), et les photos témoignent qu’il n’en restait à la fin que la carcasse.

 

 

Des nouvelles des semis d’automne

 

Les nouvelles sont plutôt bonnes après les inquiétudes de cet été liées à la sécheresse qui a sévi jusqu’à la mi-août et qui risquait de compromettre les semis d’automne.  Tous les semis ont bien levé (carottes, navets, panais, haricots, épinards, tétragone, radis roses, radis noirs et radis ronds) grâce aux pluies arrivées enfin mi-août et depuis, ils poussent régulièrement. Ne faites pas grise mine en regardant la météo de ces temps-ci : les pluies de la semaine dernière ont été très bénéfiques, à la fois pour les semis et pour tous les autres légumes de plein champ qui en ont bien besoin ! (certains choux notamment se refont une santé après le régime sec du printemps et de l’été). Reste la crainte qu’un coup de froid freine le développement des semis d’automne : comme nous l’avions expliqué dans la précédente gazette, la sécheresse a repoussé les semis à fin août car jusqu’à la mi-aôut, la terre était trop sèche pour pouvoir labourer. Les légumes pourraient donc manquer de temps pour se développer si le froid et le gel arrivent de bonne heure cet automne.

 

 

Récolte et constitution des stocks pour cet hiver

 

L’essentiel du travail en septembre/octobre consiste à récolter les légumes, dont une partie va permettre de commencer à constituer les « légumes de garde », c’est-à-dire les légumes stockés en chambre froide ou en silo qui permettront de compléter cet hiver les récoltes de légumes frais. Voici les légumes à venir dans le courant du mois prochain : tomates (qui bien sûr mûrissent moins vite que cet été), aubergines, poivrons, piments doux, concombre (ceux qui ont été ressemés sous serre suite aux maladies commencent à bien donner), melons, pastèques, fenouil, salades (qui poussent très vite dès qu’il pleut), mâche, radis, épinards, choux, poireaux. S’y ajoutent les légumes dont une partie va être stockée : pommes de terre (agata, nicolas, annabelle, resy), carottes, navets, betteraves, potirons, potimarrons et peut-être d’autres variétés de courges repiquées tardivement, et qui pour l’instant poussent très bien (butternut, pâtisson, courges spaghettis).

 

Repiquage

 

A l’automne, le travail consiste aussi à repiquer toutes les semaines des plants dans les serres à mesure qu’elles se libèrent. Il faut d’abord « nettoyer » la serre, c’est-à-dire retirer les restes de végétaux une fois la récolte terminée et retirer les plastiques. Puis il faut préparer la terre au cultirateau, mettre des engrais (bochevo) et former les buttes dans lesquelles chaque plant sera repiqué à la main. Les plastiques ne sont pas nécessaires pour l’hiver car la concurrence des mauvaises herbes est moins forte. Les principaux légumes repiqués en ce moment sont les épinards, la mâche (en grande quantité pour pouvoir alimenter les paniers à partir de début novembre), les blettes et les salades. Tous les pains de sucre ont déjà été repiqués et devraient être beaux cet hiver. Parmi les travaux en cours, il y a aussi la remise en état des serres pour l’hiver, notamment la réparation des bâches déchirées par le vent et des portes pour que les légumes soient bien protégés du froid cet hiver.

Semis

Côté semis, une serre de blette est en train d’être semée. On a aussi beaucoup semé de radis : des radis ronds et rouge (variété printo) ainsi que des radis longs flamboyants.

Des sangliers amateurs de poireaux

Les poireaux appétissants attirent les sangliers qui ne font pas dans la dentelle. Espérons que l’ouverture de la chasse depuis fin septembre les repousse vers des cantines moins exposées à la vue des chasseurs…

 

 

Lourd bilan du côté du verger

 

Vincent Malgras, le pépiniériste qui nous a vendu les pommiers replantés ces deux hivers derniers, est passé vendredi dernier voir le verger. Les dégâts sont très importants, environ un quart des arbres plantés l’hiver dernier n’ont pas survécu ! Les arbres plantés le plus tardivement (au mois de mars) ne sont pas les plus touchés.  Le cumul de plusieurs facteurs a joué : le coup de gel du mois de mai, la sécheresse sévère qui s’est installée dès le printemps, et les dégâts causés par les chevreuils qui se sont frottés contre les jeunes troncs avec leurs cornes pour marquer leur territoire dans ce garde-manger convoité. Vincent nous conseille de mettre une clôture électrique tout autour de la parcelle car les chevreuils vont recommencer au printemps prochain. Pour le manque d’eau, la terre argileuse de cette parcelle est bien adaptée pour planter des pommiers car elle retient l’eau, mais encore faut-il qu’il pleuve… En terme d’arrosage, l’idéal est d’installer un goutte à goutte, ce que nous ferons une fois que nous aurons créé une mare en haut de la parcelle. L’arrosage au jet de cet été a eu une efficacité limitée car la terre était très sèche et retenait peu l’eau.

Delphine et Loïc

Nos amis les animaux

Les légumes ne sont pas les seuls à souffrir du climat, certains animaux bien intentionnés aussi, qui,

par ce froid prolongé, ne trouvent pas grand-chose à manger. Certains ont donc trouvé avec bonheur

de quoi se réchauffer et…se rassasier sous les serres !

A Berneuil, sous les serres, les lapins ont fait de gros dégâts en dévorant à pleine dents persil, mâche

et une quantité importante de pain de sucre. A Marconville, c’est un champ de carottes qu’ils ont

englouti.

Les musaraignes se sont quant à elles réfugiées cet hiver sous les plastiques posés au sol des serres

de blettes. Une fois bien au chaud, elles mangent tranquillement les racines des blettes, qui ne

survivent pas au festin. Monsieur Boulanger père leur fait la chasse depuis des semaines avec des

pièges à tapettes et du fromage alléchant : il en a ainsi attrapé plus d’une centaine !

Sans oublier notre ami le daim qui lui aussi trouve cet hiver interminable : il est venu souvent se

réchauffer et trouver pension complète dans les serres. Il raffole particulièrement des carottes et des

salades, dont on remarque régulièrement la disparition. Loïc rêve parfois la nuit d’un daim au

méchoui, mais une fois réveillé, se raisonne et laisse son fusil de chasse à sa place.